C’est en regardant ‘Reviens Moi – Atonement‘ sur Arte, magnifique film anglais, que je vous écris ce billet sur une pièce un peu oubliée du vestiaire masculin, le pantalon à pont. Pour ceux qui ne connaissent pas, il s’agit d’un pantalon dépourvu de braguette. Mais évidement, une ouverture reste aménagée pour faire des choses, sous la forme d’un grand bas-volet boutonné ; voyez sur ces deux schémas :
Son origine est pour le moins floue. L’histoire la plus courante raconte que les marins auraient utilisés ce modèle pour éviter les boutons de braguette, susceptibles de se prendre dans les cordages, enfin les bouts pardon. Les marins agissant sur le pont du navire, le pantalon à pont serait maritime uniquement. Mais curieusement, c’est précisément le pantalon des marins (à droite au dessus) qui est pourvu de boutons visibles. L’histoire me parait donc fausse. En revanche, cette méthode de fermeture est très ancienne (je ne pourrais la dater), mais remonte au moins au 16ème siècle. Elle permettait de réaliser une ouverture utile dans la culotte. Notons qu’alors, les boutons étaient la plupart du temps camouflés.
Mais revenons en à cette histoire de pont. Dans un pantalon, même en construction moderne, la patte qui permet le boutonnage à l’intérieur de la ceinture est appelée le sous-pont. Souvent, il s’agit d’une troisième boutonnière déportée. Cette pièce permet de relier les deux parties du pantalons. Je penche plus pour une explication de ce côté là. Le pantalon à pont porterait son nom car chez lui, cette pièce est beaucoup plus grande, car passant derrière le bas-volet et même le supportant. Il ne s’agit plus d’un sous-pont mais d’un pont tout simplement. Cela joint les deux parties, gauche et droite, et supporte le centre : le bas-volet.
Après, notons que le pantalon à pont a deux avatars. L’un à petit pont, classique sur les culottes d’ancien régime et les pantalons civils, jusqu’à 1880. Sur ces modèles, plus élégants, les boutons étaient cachés par une gorge. La construction doit être plutôt ardue. Le deuxième modèle est celui à large pont, classique des marins, sur lequel les boutons sont visibles, mais déportés assez loin sur les côtés. En effet, cela doit limiter les interférences avec le matériel maritime, quoique… C’est peut-être de là que vient la fable des pantalons à pont relatée plus haut. Le mystère reste entier. Et seules les femmes encore arborent ces pantalons d’histoire…
Julien Scavini

















