Archives de la catégorie ‘Vestes’

Et le ‘un bouton’ alors?

20 mai 2013

Et oui, comme soulevé dans les commentaires de l’article de la semaine dernière, qu’en est-il des vestes ‘un bouton’ ? A priori, ce n’est pas un choix fort classique. L’un des rares éléments du vestiaire avec un bouton qui me vient à l’esprit est le smoking. Et ses dérivés / ou ancêtres, les vestons d’intérieurs, mais ceux-ci ont parfois une cordelette plutôt qu’un boutonnage.

Notons que les vestons ‘un bouton’ furent à la mode dans les années 30. Je me souviens d’un beau portrait de Maurice Ravel avec une telle veste, qui arborait en plus un bouton jumelle. Cela signifie en fait qu’il y a deux boutons au même endroit, un sur l’endroit (classique) et un sur l’envers. Et les deux pans de la veste se boutonnent en s’épousant et non en se chevauchant. A l’instar des jaquettes. Un petit truc amusant. La veste du célèbre compositeur présentait des revers en pointes, ce qui parait le plus logique. Un petit côté formel émane immédiatement d’une telle mise.

un boutonL’histoire nous donne donc quelques exemples. Elle nous apprend aussi que le vestiaire se dépouille, s’allège de plus en plus. Les vestons sont maintenant majoritairement deux boutons, donc le dernier – le plus bas – ne sert pas. Le pas est facile pour supprimer ce dernier. Le boutonnage d’une veste un bouton est donc égal à celui d’une veste deux boutons, seul le dernier ‘inutile’ disparait, sans modification de la hauteur de fermeture. C’est logique, le bouton principal étant vers la taille, c’est ici que se ferme le veston.

Alors pourquoi un deux boutons ? Je vais répondre d’abord, pour qui. Les hommes pas très grands peuvent admirablement porter le ‘un bouton’, de même que ceux qui sont corpulents. En associant cela avec une belle échancrure du V des revers, la silhouette est allongée. Je me souviens du blog d’un jeune homme asiatique vivant à NYC qui faisait systématiquement faire des vestes ‘un bouton’, y compris dans les tweeds. La question du registre se pose donc. Je n’en ai jamais eu encore, mais je me fais actuellement un costume bleu nuit avec un bouton. Et des revers classiques, sport. Pour essayer justement. J’ai été assez convaincu sur les clients qui voulait cela. Seulement, il ne faut pas en faire une règle absolue. La variété est souvent par parente de l’élégance.

Vous pouvez donc prendre le parti du formalisme et réserver cela pour les costumes de mariage ou du soir. Vous pouvez également trouver cela très sport, et l’utiliser sur des tweeds. Nous touchons ici à des questions de style très contemporaines. L’histoire ne nous dit pas grand chose. Il revient donc à chacun de se faire son idée…

Bon repos ce jour et bonne semaine. Julien Scavini.

Les carreaux

24 septembre 2012

Ce soir, abordons la question des carreaux. Avec les rayures, c’est le motif par excellence des tenues masculines. Mais attention, les carreaux ont leurs registres et leurs limites. Notons d’abord qu’un carreau, autrement appelé carreau-fenêtre, n’est pas carré, mais allongé. Remarque un peu idiote certes, mais précision utile pour les béotiens. Le registre le plus courant du carreau-fenêtre est sportif, disons campagnard. C’est n’est pas, à la différence de la rayure, un motif pour la ville ; même si nous approcherons de la frontière, qui est plutôt floue. Le carreau accompagne très bien le tweed.

Donc, il est très courant de voir d’élégants croisements de lignes d’une grande variété de tonalités (rouilles, jaunes etc) sur fond de de tweed couleur mousse. Cela rehausse ainsi les laines vierges les plus simples. L’utilisation idéale de ces laines, en complément des tweed de plaids et autres tartans plus complexes, est le complet knickers pour la chasse. Avec un coordonné entre le haut et le bas, il peut aussi se porter en costume.

Dérivé de cela, nous trouvons la veste sport à carreaux. C’est peut-être la pièce la plus courante de nos jours. Des marques anglaises ou américaines bien connues ont pérennisé cet usage, en complément d’un pantalon de tweed uni, de flanelle ou de velours. La coordination d’une veste à carreaux avec un pantalon de velours, d’une belle couleur chatoyante est d’ailleurs du plus bel effet, et peut faire très jeune ! Notons que ces deux catégories appellent des lainages très particuliers. Ici, il n’est point question de couleurs de la ville, comme le bleu marine ou l’anthracite. Le tons tirent plutôt sur le marron, avec des compléments de couleurs vives.

Mais il existe une étroite possibilité pour les amateurs de carreaux de s’exprimer en ville. Remontons un peu en arrière, dans les villes universitaires anglaises, Cambridge ou Oxford. Comme le raconte Evelyn Waugh dans Brideshead, il est de bon ton dans ces cités de porter du tweed, ou quelque chose qui ne fasse pas londonien. Aucun étudiant ne voudrait en effet se rendre coupable de présomption et déjà arborer un complet de financier de la City. Le tweed était donc de bon aloi (les oxford bags trousers ne font pas parties du bon aloi) et les carreaux étaient donc habituellement portés. Pour autant, certaines étoffes de prix étaient plus raffinées que d’autres. Bon an mal an, les fins carreaux à la craie furent donc développés et l’usage en ville se pérennisa. Ceci dit, le complet de flanelle anthracite à carreaux ‘à la craie’ blancs fait très professeurs d’université. Même si, je sais bien …

Bref, résumons donc. D’un côté nous avons les laines genre tweeds avec des carreaux, plutôt typées chasse ou veston sport, et de l’autre les carreaux raffinés, avec un petit côté ‘universitaire’ sur les bords. De nos jours, les deux sont tout à fait acceptables en ville, d’autant que les premiers se sont teintés de cachemire et que les seconds sont vendus à longueur d’échoppes. Attention toutefois, le carreau, cela peut lasser. En revanche, un costume qui aurait lassé peut facilement continuer sa vie en dépareillé, la veste d’un côté comme veston sport et le pantalon en complément d’un pull ou d’un cardigan, pour un petit côté sortie au golf…

Julien Scavini

Question : une veste croisée seule

9 juillet 2012

Un jeune lecteur vient de m’envoyer un sympathique courrier électronique pour me demander de l’aide. Un tailleur lui propose une veste croisée presque finie mais non récupérée, à sa taille, dans un beau fils à fils bleu pétrole Scabal. Mais hélas, il n’y a pas le pantalon. Alors que faire ? Voici pour faire simple, la question.

La transformer en blazer ? Difficile, car à la fois le tissu n’est pas convenable (trop fin et d’un bleu qui n’est pas marine) et aussi que les boutons dorés constituent une option non souhaitée. Voici un dilemme pas évident. Il serait logique de finir la veste avec de simples boutons en corne brune, mais j’ai peur de l’effet ‘veste dépareillée’ qui est souvent désastreux, disons plutôt totalement curieux.

De prime abord, il apparait comme sympathique de combiner cette veste avec un pantalon blanc, mais cette option a été jugée trop ‘croisette’, donc là encore, impasse. Un pantalon bleu ? Attention à l’effet costume dépareillé, ce serait vraiment du dernier goût. La seule option restant est le pantalon de flanelle, ou disons en fils à fils pour l’été. Une autre idée m’est alors venue : et si l’on utilisait des boutons gris pour coïncider avec la couleur du pantalon ? C’est une option peut-être intéressante ! J’ai même imaginé un instant la pose de coudières en suédine grise. Cela créerait un blazer sport au goût très italien. Il serait aussi envisageable de poser des boutons en métal argenté. Lisses si vous ne disposez pas d’armoiries personnelles, à l’instar du très austère M. Lévy !

Finalement, en faisant le dessin, j’ai trouvé cela curieux. J’ai continué en dessinant des mocassins. D’abord en veaux-velours bleus, mais cela ne me plaisait guère. Puis avec des mocassins bi-colores bruns. En complément d’un pantalon gris clair, correspondant mieux au bleu pétrole, l’effet était intéressant. Et donc l’idée finale, des boutons en corne blonde. Finalement, c’est l’option la plus sobre, la plus élémentaire aussi. Qu’en pensez-vous ? Notre jeune ami lecteur sera intéressé !

Julien Scavini

Poches en biais et vestes d’équitation

18 juin 2012

Si les poches en biais sont à la mode, elles ne sont pas pour autant un classique du répertoire, leur rôle étant restreint. Il est en effet assez courant de trouver de nos jours des costumes dont les deux poches côtés à rabat sont placées en biais. L’effet stylistique est plutôt intéressant, en particulier sur les personnes sveltes, la pente accentuant le cintrage du veston. Ceci dit, il y a pente et pente. Si dans la majorité des cas le résultat est heureux comme chez Hackett, l’effet est du dernier ridicule chez Samson. Passons.

Il est donc possible d’arborer des poches en biais sur ses costumes de ville. On peut même en apprécier le style. Pour autant, ce n’est pas une manière classique de disposer les passepoils (le deux bouts de tissus entourant le rabat). Celle-ci était réservée à un usage bien spécifique, l’équitation. Et donc par extension, les vestes plutôt campagnardes. A la ville, en particulier sur un croisé, les poches sont horizontales.

A cheval donc, où il est nécessaire, pour garder un bel équilibre dans la coupe, de rehausser la taille du veston – celui-ci est alors coupé à ‘taille haute’ – et de modifier l’implantation des boutons. C’est tout un art. C’est pour cela que l’on disposait dans les ateliers de tailleur des chevaux d’arçons en bois, permettant de tester le bien aller de la pièce, ainsi que du pantalon, le plus souvent, une culotte de cheval (que je n’ai pas représentée sur le dessin). Les poches en biais permettent de suivre le dessin des hanches et d’accentuer le dessin général de la silhouette. L’accès y est aussi plus aisé. Pour une même question de confort, on réalise aussi des poches dîtes ‘cavalières’ dans le pantalon, dans lesquelles on ‘entre’ par le haut et non par l’arrière.

Normalement, par rapport à une poche en biais sur un costume droit traditionnel, la position de la poche ne change pas. Elle se trouve à la même hauteur par rapport au bas du veston. C’est en revanche les boutons qui s’élèvent et se rapprochent. Cela donne une ligne caractéristique, typique des vestes d’équitation. Il convient en effet de pouvoir être assis avec le bouton toujours fermé. La basque (c-à-d le bas de la veste) est très long (en apparence seulement) et sa courbe très accentuée.

Je trouve l’effet assez élégant du reste. Les boutons sont très rapprochés. Notons également que les modèles classiques sont à trois ou quatre boutons et que la poche poitrine est assez souvent à rabat. Peut-être pour éviter de perdre des accessoires durant les galops… ?

Julien Scavini

Le nadir de l’élégance

2 avril 2012

Oui, le titre est bien choisi : le nadir de l’élégance ou le zénith de l’horreur ! Sous cette qualification, je parle de la veste autrichienne que l’on voit régulièrement à Paris. Rien que ce week end, j’en ai vu trois. Loin de moi l’idée d’être trop péremptoire dans mes jugements habituellement, mais à la vue de cette pièce d’habillement, mon sang ne fait qu’un tour.

Il s’agit la plupart du temps d’une veste droite, quoiqu’une version croisée existe aussi. Elle possède invariablement un col cheminée et le plus souvent de petits revers avortés, plaqués par des boutons de corne. Elle est réalisée en laine loden, flanelle ou laine bouillie, la plupart du temps anthracite ou bleue avec des parements vert sapin. Les poches sont simplement passepoilées. Accompagnant invariablement cette veste, on trouve le pantalon de velours et aussi les souliers noirs. Mais au juste, peut-on qualifier cette veste de sport ou d’urbaine ? Les autrichiens (surtout les tyroliens) peuvent compléter ça d’une culotte de peau, avec ces fameuses bretelles croisantes…

Mais quel peut bien être le sens d’une telle veste à Paris ? Une proximité intellectuelle avec les plus lointains des germains ? Une chose est sûre, il faut être sociologiquement de droite et un peu enclin au catholicisme pour arborer un tel atour. Serait-ce alors une sorte de chauvinisme ou de signe de ralliement ‘monarchique’, cette veste partageant son allure avec certaines pièces ancien régime française ? Le col cheminée, le port décontracté mais fermé par le boutonnage haut ne sont pas sans rappeler certaines vestes d’Arnys du reste ; mais chez ce dernier, l’inventivité et les coloris relèvent le goût. Des gens très biens portent des vestes autrichiennes, certains mêmes les achètent chez Mettez à Paris, mais je ne peux m’empêcher d’être sceptique. Qui plus est porté avec une pochette paisley et une cravate club anglaise. La superposition de signes et la confusion qui en résulte est totale. Cette veste peut -être belle, mais uniquement en forêt noire ! Laissons les particularismes locaux aux locaux.

Autre pièce courante, le manteau Loden. Le Chouan des Villes ne recommande pas son port à Paris. Oui et non … Bien réalisé avec ses grosses coutures aux épaules et son pli central dans le dos, ce n’est pas une pièce désagréable. Elle est utilitaire et confortable. Évidemment, pour un peu plus de raffinement, on choisira plutôt un autre modèle plus anglais. Le manteau Loden est aujourd’hui vert mousse mais sa vulgarisation fut lancée lorsque les habitants du tyrol autrichien offrirent à l’Empereur François-Joseph (de mémoire) un manteau léger et imperméable fait de tweed de loden blanc !

Julien Scavini

Le kit pour cricket

19 septembre 2011

Le sport chic, terme à la mode à la ville ces temps-ci, terme en désuétude sur les terrains de sport. Le monde est fait ainsi qu’il est bourré de contradiction… Bon, malgré tout, il est toujours possible d’aller frapper quelques volants en tenue élégante! Les anglais possédaient tout un arsenal vestimentaire pour chaque circonstance sportive. Ce soir étudions les tenues de cricket, facilement réutilisables pour par exemple jouer… au croquet ?

Bref, l’ensemble est principalement blanc! Du blanc, du blanc! Pratique à une époque où les matchs étaient rediffusés sur les téléviseurs noir et blanc et où la pelouse apparaissait foncée. Mais pas un blanc parfait non plus. Un off-white disent les anglais, voire du blanc crème pour la chemise, le pull en maille, le pantalon, les chaussettes, les chaussures etc… Seul le blazer que l’on enfile après le match, pour le thé, peut être en bleu, même si le blazer blanc est aussi un classique. Lui aussi est sous-tâché aux couleurs du club.

Passons sur la chemise, abordons le pull. Celui-ci présente invariablement un col en V avec une garniture colorée, aux tons des armoiries du club, c’est très important! Il peut être à manche ou sans. Ensuite, la pièce maîtresse, le pantalon à double pli et à ajusteurs de tailleur en flanelle blanche. Pantalon que les anglais appellent cricket flannels, ou simplement flannels car ce terme est l’expression même du pantalon mou, ample, doux en flanelle. De nos jours, le terme désigne un pantalon de survêtement en polyester blanc, pour le cricket… triste sire.

Cette flanelle blanche justement est devenue impossible à trouver. Plus personne n’en produit, ou alors des imitations en serge. C’est un tissu vintage diront certains, un tissu de grande valeur! J’avais demandé il y a quelques mois chez Gorina pourquoi ne pas proposer de flanelle d’une telle ‘couleur’. Il m’avait été répondu que pour cela, il fallait nettoyer l’intégralité des machines, celles pour carder la laine, celles pour la filer, celles pour la tisser etc… Bref, un coût et un temps monstrueux, pour un tissu qui vaudrait probablement plus de 200€ le mètre et se vendrait difficilement.

Ceci dit, j’ai entendu cela plusieurs fois, un espoir existe chez l’inventeur de la flanelle, la maison Fox Flannels située dans le Somerset qui produirait encore une telle référence. Ouf!

Julien Scavini

Vestes dépareillées pour l’été

25 juillet 2011

Si le répertoire des tweeds est très développé l’hiver, la saison estivale a elle aussi ses classiques, sport coats ou blazer. Mais leurs choix semblent souvent plus compliqués, peut-être est-ce dû au soleil et à sa lumière, qui normalement nous écrase… Nous préférons alors la clarté. Car si les motifs ne nous font pas peur d’habitude, nous avons tout de même quelques scrupules maintenant. Voici ce soir trois propositions toutes simples, classiques, presque des essentiels de la garde robe pour l’été. Les coloris sont volontairement unis, et cela pour faciliter les associations avec cravates et chemises. C’est la garantie de la longévité aussi, loin des caprices de la mode.

Vous pourriez donc avoir dans votre penderie, dans l’ordre, un blazer, une simili-saharienne, une veste couleur ‘ficelle’:Trois propositions simplismes donc. Le blazer tout d’abord, croisé ou droit (plus facile à porter), est bleu mais peut varier dans cette tonalité, comme ici dans une proposition de Brooks Brothers. Historiquement et au bord de la mer, on faisait confectionner des pantalons dans les anciennes voiles de pêcheurs, souvent de couleur vieux rose. Avec, espadrilles de toile et une chemise à rayures bleues, vous complétez l’ensemble simplement.

La saharienne – qui d’ailleurs n’en est pas vraiment une – avec ses nombreuses poches plaquées à rabats est très utile pour partir en vadrouille ou prendre l’avion. Vous pourrez fourrer à l’intérieur de celle-ci tous vos accessoires, téléphones, clefs, cartes, portefeuille etc. qui seront en sécurité et ne risqueront pas de tomber si vous défaites le veston. En blanc, elle se complète aisément d’un chino sable ou khaki, ou bien bleu. C’est une pièce en coton polyvalente!

Enfin, la petite veste toujours utile, celle à poches plaquées en laine moyenne de couleur ficelle. C’est l’accompagnatrice idéale du jeans. Comme elle reste unie, elle peut être complétée à l’envie et suivant le moment : carreaux, rayures, couleurs diverses, petits motifs etc.

Notons que ces propositions peuvent varier énormément, en restant sur la même base classique, grâce à une multitudes d’accessoires et souliers. Et vous, quel veston utilisez souvent? Avez-vous d’autres idées?

Julien Scavini

Blazer de régate

18 juillet 2011

Lors des célèbres régates de Henley, dans l’Oxfordshire, il est traditionnel de sortir une autre pièce vestimentaire oubliée de son placard : le boating blazer quelques fois appelé rowing jacket, ou blazer de régate. Intéressons-nous aujourd’hui à cette curieuse veste dépareillée et bariolée, très estivale.

Traditionnellement, chaque club sportif possédant ses couleurs, il les décline sous toutes formes, de la cravates regimental à la veste en passant par les boutons de manchettes et les rubans de canotiers. Il s’agit en quelque sorte de l’ancêtre des maillots d’équipes qui peuvent valoir si chers à l’heure actuelle. Chaque club, pour se reconnaitre, éditait donc un tissu pour couper… des blazers. Ceux-ci étaient parfois même rehaussés d’armoiries à la poitrine. D’ici provient l’une des origines du blazer bleu ; bleu car sans appartenance particulière… Le boating blazer donc, se présente principalement sous la forme d’une veste droite à trois boutons, sans fente et à poches plaquées. Il est confectionné soit un tissu à bandes verticales (et il existe dans ce répertoire de nombreuses variantes très très très (trop) colorées), soit dans un drap uni (rouge, jaune, vert etc) dont les bords sont sous-tachés (gansés) d’une autre couleur (principalement le blanc). L’effet est immédiat, you’re a sport !

Difficile de nos jours de trouver une veste de régate, plus difficile encore de l’associer dans une tenue, sauf pour les harmonies de coloris les plus minimalistes. Ces articles peuvent être dénichés occasionnellement, au détour de collections comme chez Hackett ou Ralph Lauren. Sinon des spécialistes existent, comme Walters à Oxford ou New & Lingwood à Londres, ou encore Jack Wills. Autrement, ils peuvent être confectionnés sur mesure, faut-il encore pouvoir trouver le tissu. Enfin, ils sont admirablement complétés par le canotier (straw boater, que l’on peut acheter sur le site de Darcy Cloth) ou la casquette regimental (rowing caps).

Julien Scavini

Les méthodes de doublure

27 juin 2011

Qu’il fait chaud, mais qu’il fait chaud! En ces temps incertains où les orages doivent arriver, impatiemment guettés comme au milieu des plaines africaines, il est bon de s’interroger sur sa veste de costume. Comment en effet concilier prestance au travail et modération thermique? Pour ceux d’entre nous qui travaillent à la clim’, aucun problème. Mais pour les autres? Notons également que l’air conditionné, vendu depuis les années 50 par nos amis américains trouve actuellement, dans la crise de l’énergie sa limite. Le premier ministre japonnais a en effet et depuis quelques semaines décrété un ‘cool biz’ – comprenez être cool au travail, c’est-à-dire venez sans veste – en raison de l’arrêt de nombreuses centrales nucléaires, et du manque d’électricité qui en découle. Les grandes tours de bureaux, révolution moderne du travail, se transforment alors en immense grille-pain.

Le coton peut-être un atout, bien qu’il respire assez mal. Mais il a l’avantage sur la laine, de s’entretenir mieux, notamment le pantalon, qui s’il est bien fait, pourrait supporter un cycle en machine. Les coupes amples (pas trop grandes!) facilitent aussi la vie, avec une sensation moindre sur la peau. Chemises et costumes trop cintrés sont à proscrire, alors que l’hiver ils sont intéressants.

Enfin et surtout, que mettre à l’intérieur. Comment alléger au maximum la veste? Choisir un coton léger (240gr) peut déjà être une base. Passez ensuite à la doublure. Quatre grandes options s’offrent à vous : A – la doublure intégrale, évidemment la plus courante, en viscose, en acétate, en polyester, en soie etc. Elle permet de réaliser les ‘propretés’, càd camoufler les coutures et l’intérieur (fonds de poches, toiles, coutures, etc).

B – le non-doublé dos, quelque fois appelé 1/4 dos. C’est déjà une avancée. Vous conservez la jouissance des poches de la garniture, et un empiècement doublure finit le haut du dos.

C – le non-doublé. Ici, plus de doublure pour camoufler les fonds de poches etc. Une grande garniture de tissu double le devant, dans laquelle sont réalisées les poches portefeuille. Les poches extérieures possèdent des fonds de poches (donnant sur l’intérieur) en tissu, à la manière des poches de pantalons. C’est une jolie méthode qui donne à voir, tout en étant relativement minimaliste! Les ‘propretés’, càd les coutures sont camouflées par des ganses ou surpiquées-couchées comme dans une chemise.

Dans ces trois méthodes, vous bénéficiez de l’entoilé et d’une épaulette, ces méthodes n’étant pas contradictoires.

D – le non-doublé intégral, quelque fois appelé veste foulard. Ici, il n’existe plus aucune poche à l’intérieur. De même la toile disparait, comme les épaulettes. Le montage de la tête de manche est plutôt comme une chemise. La structure disparait, la veste est molle, effectivement comme un foulard, ce qui peut être idéal pour des cachemires bi-faces bi-colores.

Julien Scavini

Manches courtes

20 juin 2011

Non, nous n’allons pas aborder ce soir le sujet des chemisettes – je sens déjà les tomates pourries arriver – mais bien celui des manches de vestes, irrémédiablement trop longues ! Je crois qu’à tous les prêt-à-porter, je retirerai 1,5cm de longueur ; mais ils sont issus des mêmes tables de gradation.

Il est de tradition de laisser entrevoir 1 à 2 cm du poignet de chemise – tradition détestée en Asie, honnie chez les militaires – mais les tailleurs anglais nous ont appris cette règle, alors autant se la tenir pour dîtes. Dès lors, et comme les vestons en p.à.p. ont des manches généreuses, les chemises s’adaptent en étant plus longues encore, jusqu’à recouvrir la moitié de la paume de la main quelques fois.

Il n’existe pas vraiment de règle parfaitement tranchée en la matière, pour juger de la bonne longueur ou non au demi centimètre près. Soyons pratique : quel est le résultat de manches trop longues (même si la chemise dépasse, donc encore plus longue) : la sensation de chaleur. Il est un fait : recouvrir la veine qui relie la main au bras donne une abominable sensation de chaleur, ou du moins amplifie celle-ci. Et je crois que l’aisance dans ce cas est tout ce qui compte!

La plupart, sinon tous les vendeurs et petits tailleurs prennent la longueur de manche avec le bras coudé à l’horizontale. Je pense que c’est une erreur. Finalement, prêtez-y attention, nous sommes le plus souvent bras vertical, notamment en déplacement. Il convient à ce moment d’avoir de l’allure. Sinon, accoudé à votre bureau, la problématique est différente. Donc je prends la mesure bras tombant. Et comme repère, je me fixe sur le petit os (en fait le sommet du cubitus, opposé au pouce, sur la face externe du bras). J’imagine la veste s’arrêter au dessus, la chemise en dessous, d’où 1,5cm de différence. Rajouter exactement +1,5cm pour un port classique, question de volonté du client vis à vis de son tailleur.

Pour vérification, je place (bras vertical, comme sur l’illustration) la main perpendiculairement au bras, et la fait aller de droite à gauche. Elle doit frotter le poignet de la chemise, mais pas le faire remonter, encore moins la manche veste.

Alors je vois poindre d’ici les critiques : quoi, une manche comme ça? mais elle est trop courte? Oui en effet, la manche est courte, et toutes vos chemises seront irrémédiablement trop longues (je le sais d’expérience). Mais lorsque quelques vestons correspondront à quelques chemises, vous vous sentirez à l’aise, sans jamais de surchauffe à ce niveau et une aisance parfaite pour serrer des mains ou tenir votre sacoche à bout de bras. Évidement, bras coudé, cela fera court, mais cette posture est généralement admise devant un clavier d’ordinateur où c’est un avantage. Et puis personne ne remarquera jamais que vos manches sont plutôt courtes tant que l’harmonie générale est correcte : veste à la bonne taille ni trop longue ni trop courte. Quelqu’un qui est à l’aise et en confiance dans son costume se remarque ; quelqu’un qui a chaud sous un costume trop long, mal adapté ne sera ouvertement pas à l’aise. Monsieur Hulot lui était à l’aise ;)

Julien Scavini


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